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L’opération consiste à spéculer à la baisse sur un titre, en empruntant à d’autres (institutionnels, courtiers) des titres puis à les vendre à découvert, avec un accord de remboursement par la suite. Quand l’action baisse, l’emprunteur rachète les titres moins chers et prend la différence. Le petit jeu peut être même plus sophistiqué : certains spéculent à la baisse, sans avoir le moindre titre en garantie, juste par le jeu des options (naked shorting). Des jeux très dangereux dont les autorités de régulation avaient pris la mesure de leur potentiel déflagratoire lors de la faillite de Lehman Brothers. Par la suite, les régulateurs avaient promis de sérieusement encadrer et contrôler ces pratiques. L’histoire de GameStop montre qu’il n’en est rien.
À l’occasion de cette folle journée, un mécanisme a émergé qui met en lumière une vulnérabilité du marché qui n’avait pas été encore vraiment repérée : le « gamma squeeze » qui a un effet multiplicateur exponentiel en cas de spéculation désordonnée. Le site Real Investment Advice explique le mécanisme de cette façon : « Les banques et les brokers qui sont les importants vendeurs d’options doivent couvrir leurs opérations. Les fonds les plus dynamiques ajustent le montant de leur couverture selon un delta de leur option. Si le delta est de 0,35, ils achètent 35 actions pour chaque contrat d’option vendeur. Si le delta monte à 0,40, ils achètent cinq actions de plus. Mais si les “baleines” achètent assez d’options acheteuses, elles peuvent provoquer un Gamma squeeze. Les achats sur un titre forcent les vendeurs à acheter des actions, ce qui fait monter les prix. Ces mouvements acheteurs font augmenter le delta de façon non linéaire. Ce qui oblige à de nouveaux achats de titres dont le cours augmente et ainsi de suite. »
La SEC cependant risque de se retrouver devant un véritable casse-tête auquel les réglementations actuelles ne savent pas répondre. Le monde d’Internet et des réseaux sociaux n’est pas inclus dans les lois boursières. Comment analyser les informations qui s’échangent sur des forums boursiers entre particuliers ? Si certains avis provoquent des achats massifs, doivent-ils être considérés comme des tentatives de manipulations de marché ? N’y a-t-il que des particuliers dans ces échanges ? Ou certains traders ou fonds n’ont-ils pas profité de ces moyens pour couvrir d’autres buts moins avouables ?
Ben voyons, ça vient d'internet donc c'est une manipulation des marchés. Et ce qui se passe sur leur bulle monétaire déconnectée du réel depuis des décennies c'est quoi ?
GameStop est quand même une entreprise qui s'est illustrée pour défendre les jeux d'occasion, parce que c'est son gagne-pain aussi. Des particuliers lancent l'idée d'acheter ses actions sur Reddit pour la défendre ; le coup de semonce des naked shorting est lancé ; en colère ils défendent l'entreprise ; 2,3 stars milliardaires gazouillent d'acheter des actions ; la masse boursière se rue dessus par appât du gain ; après la bulle l'action se casse la figure vers un niveau plus raisonnable.
Régulée la bourse, vraiment ?! Quelle blague, 50ans qu'on nous brasse la fameuse main invisible, le marché autorégulé et des fonds de pension, de retraite s'appuient dessus, la belle affaire.
Ruptures de contrats, faux chômage partiel, congés obligatoires, et même incitation à prendre de la chloroquine : partout en France, quel que soit le secteur, des employeurs s’exonèrent du respect des règles, au détriment de leurs salariés.
exactement ça, j'ai halluciné sur certains faits
2 poids, 2 mesures, on en est à 8 là
soutenir l'économie, cette solidarité là ? c'est indécent
Pendant ce temps les loups s'entre-dévorent.
Ce graphique était révélateur aussi: https://nitter.net/pic/https%3A%2F%2Fpbs.twimg.com%2Fmedia%2FET21xD9WoAAnnSx.png%3Fname%3Dorig
-_-
dérives sur période d'essai
Certains observateurs s’essaient à mettre des chiffres sur cet effondrement qui vient. Ils n’en sont même plus à parler de récession. Le secrétaire américain du Trésor, Steven Mnuchin, dit redouter une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 20 % dans les mois qui viennent. JP Morgan prédit une baisse de 14 % de l’économie américaine entre avril et juin, tandis que Goldman Sachs table sur une chute de 24 %. Alors que le gouvernement français a présenté la prévision irréaliste de 1 % de baisse au premier semestre dans le cadre de sa révision de loi de finances, des économistes allemands redoutent déjà une baisse de 5 % du PIB. D’autres économistes britanniques craignent une baisse de 10 % pour l’économie anglaise.
Depuis plusieurs années, le FMI et la banque des règlements internationaux tirent l’alarme sur ces montagnes de dettes susceptibles de mettre à bas l’économie mondiale et la stabilité du système financier international. Selon l’institut de la finance internationale, le montant total de dettes dans le monde atteignait 253 000 milliards de dollars à la fin 2019, soit l’équivalent de 322 % du PIB mondial. Un record absolu.
Mais pour de nombreux observateurs, ce déplacement de capitaux n’est que la première partie de ce qui nous menace : une bulle énorme de dette privée plane depuis longtemps sur l’économie mondiale. Alors que l’économie mondiale se paralyse sous l’effet du Covid-19, elle risque à tout moment d’éclater, selon eux.
« Tout allait bien pour les entreprises qui s’endettaient, roulaient leurs dettes à l’infini quand les coûts d’emprunt étaient bas. Mais maintenant, le marché n’achète plus rien. Il y a plus de 2 000 milliards de dollars de dettes d’entreprises qui doivent être renégociés cette année. Et tout est gelé. Cela va être un désastre », explique le financier Angus Coote au Guardian.
Des listes de secteurs à risque circulent déjà : les compagnies aériennes, les entreprises de gaz de schiste, des constructeurs automobiles, l’immobilier, les sociétés de crédit. Mais à bien considérer, tout est aujourd’hui à risque. Des faillites peuvent provoquer des effets en chaîne, entraînant dans leur chute des sous-traitants, des fournisseurs, des clients.
piqûre de rappel
Surprise !
En réalité, cette version du « ruissellement » est la traduction fiscale de la politique de l’offre en faveur du capital. L’idée centrale est que l’offre productive dépend de l’investissement de l’épargne des plus fortunés. Les riches, ayant plus de capitaux qu’ils n’en ont besoin pour vivre, y compris dans l’abondance luxueuse qui est la leur, vont placer leur surplus dans l’économie et apporter ainsi le carburant nécessaire au financement des entreprises. Mais si elle est plus élaborée que la précédente, cette version du « ruissellement » est tout aussi naïve. Elle repose sur une vision idyllique d’une économie qui n’existe plus, où l’épargne et l’investissement constituent les deux faces d’une même réalité. Seulement voilà, l’économie façonnée depuis cinq décennies est bien plus complexe. Derrière les termes d’épargne et d’investissement, on trouve des réalités très diverses et l’explosion de la dette privée a conduit à changer la donne.
Ainsi, lorsqu’on baisse les impôts d’un ménage fortuné qui n’a pas usage des fonds ainsi libérés, qu’en fait-il aujourd’hui ? Il le place principalement sur les marchés financiers. La raison en est simple : ces derniers sont des espaces en vase clos qui offrent des rendements nettement supérieurs à ceux de l’économie réelle en présentant des garanties supérieures.
Si le risque n’y est évidemment pas absent, il est compensé par deux éléments : un rendement fort et largement garanti par les nouveaux produits financiers basés sur des algorithmes ou des fonds indiciels, mais aussi le soutien des banques centrales qui, par le quantitative easing, autrement dit par le rachat de titres sur les marchés, assurent la liquidité du système. Le résultat est visible aujourd’hui : les indices boursiers sont totalement déconnectés de l’économie réelle. Si l’on compare l’évolution sur dix ans du S&P 500, l’indice des 500 plus grandes capitalisations de Wall Street, et celle du PIB étasunien, on constate une hausse deux fois plus importante pour l’indice boursier. Cet écart montre aussi que la finance n’est plus un simple canal de financement de l’économie, c’est un secteur autonome où se concentre la création monétaire. Et cette création est principalement à l’avantage des riches qui, proportionnellement, ont un patrimoine d’abord financier.
logique, à suivre
Dans cette affaire, les autorités des États-Unis ont clairement utilisé les leviers de leur hégémonie militaire et du rôle du dollar comme monnaie mondiale pour tenter d’anéantir un industriel, leader mondial de son secteur, et concurrent victorieux des industriels américains comparables, au premier rang desquels Cisco. Il s’agit de l’établissement d’une dictature impériale planétaire. En d’autres temps il a fallu beaucoup moins pour déclencher des guerres.
Analyse
Intéressant, explication du cas de la dette Japonaise financée en interne.
Tout se passe comme si, d’une certaine façon, la finance donnait à ces entreprises une monnaie propre, au potentiel de création quasi infini, qui vient leur offrir cette puissance inédite. Et cette monnaie n’est gagée que sur cette puissance, et non pas sur un sous-jacent précis comme des anticipations de résultats.
Ce qui est certain, c’est qu’elles ne peuvent payer des prix aussi élevés que parce qu’elles paient en actions. Elles paient donc bien dans cette « monnaie », leurs propres actions, dont la valeur est fondée sur la confiance des investisseurs dans la capacité de ces entreprises à bâtir un monopole.
Abominable. Je savais que certaines régions chinoises ont sauté la CB pour le paiement mobile. Ici c'est pire, du paiement et des micro credits avec des intérêts de 40 jusqu'à 600%. À la clé: les données personelles dans les smartphones pour estimer la solvabilité.