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Certains observateurs s’essaient à mettre des chiffres sur cet effondrement qui vient. Ils n’en sont même plus à parler de récession. Le secrétaire américain du Trésor, Steven Mnuchin, dit redouter une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 20 % dans les mois qui viennent. JP Morgan prédit une baisse de 14 % de l’économie américaine entre avril et juin, tandis que Goldman Sachs table sur une chute de 24 %. Alors que le gouvernement français a présenté la prévision irréaliste de 1 % de baisse au premier semestre dans le cadre de sa révision de loi de finances, des économistes allemands redoutent déjà une baisse de 5 % du PIB. D’autres économistes britanniques craignent une baisse de 10 % pour l’économie anglaise.
Depuis plusieurs années, le FMI et la banque des règlements internationaux tirent l’alarme sur ces montagnes de dettes susceptibles de mettre à bas l’économie mondiale et la stabilité du système financier international. Selon l’institut de la finance internationale, le montant total de dettes dans le monde atteignait 253 000 milliards de dollars à la fin 2019, soit l’équivalent de 322 % du PIB mondial. Un record absolu.
Mais pour de nombreux observateurs, ce déplacement de capitaux n’est que la première partie de ce qui nous menace : une bulle énorme de dette privée plane depuis longtemps sur l’économie mondiale. Alors que l’économie mondiale se paralyse sous l’effet du Covid-19, elle risque à tout moment d’éclater, selon eux.
« Tout allait bien pour les entreprises qui s’endettaient, roulaient leurs dettes à l’infini quand les coûts d’emprunt étaient bas. Mais maintenant, le marché n’achète plus rien. Il y a plus de 2 000 milliards de dollars de dettes d’entreprises qui doivent être renégociés cette année. Et tout est gelé. Cela va être un désastre », explique le financier Angus Coote au Guardian.
Des listes de secteurs à risque circulent déjà : les compagnies aériennes, les entreprises de gaz de schiste, des constructeurs automobiles, l’immobilier, les sociétés de crédit. Mais à bien considérer, tout est aujourd’hui à risque. Des faillites peuvent provoquer des effets en chaîne, entraînant dans leur chute des sous-traitants, des fournisseurs, des clients.