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L’enquête menée par la cour, l’Audiencia Nacional, sur les activités d’UC Global, ainsi que les vidéos, déclarations, documents et rapports publiés par le journal espagnol El País et le journal italien La Repubblica, qui ont fait l’objet de fuites, offrent un aperçu du nouvel État de sécurité mondiale. Ici, l’État de droit n’est pas important. La vie privée et le secret professionnel de l’avocat n’existent pas. Ici, les gens vivent sous surveillance 24 heures sur 24. Ici, tous ceux qui tentent de dénoncer les crimes du pouvoir tyrannique seront traqués, kidnappés, emprisonnés et brisés. Cet État de sécurité mondiale est un mélange terrifiant d’entreprises et de citoyens. Et ce qu’il a fait à Assange, il le fera bientôt à nous tous
La publication de documents classifiés n’est pas encore un crime aux États-Unis. Si Assange est extradé et condamné, il le deviendra. Assange n’est pas un citoyen américain. WikiLeaks, qu’il a fondé, n’est pas une publication basée aux États-Unis. L’extradition d’Assange signifierait la fin des enquêtes journalistiques portant sur les rouages internes du pouvoir. Elle cimenterait une terrifiante tyrannie mondiale des entreprises, sous laquelle les frontières, la nationalité et la loi ne signifient rien. Une fois qu’un tel précédent juridique aura été établi, toute publication qui diffuserait des documents classifiés, du New York Times à un site web alternatif, sera poursuivie et réduite au silence.